LAURÉATS 2026

Plus de 20 expositions exceptionnelles

Arnaud BAUMANN

Artistes peints

ARTISTE PEINTS

une exposition d’Arnaud Baumann proposée dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie

En 2026/2027, le monde de la culture fêtera les deux cents ans de la première photographie connue de Nicéphore Niépce, intitulée « Point de vue du Gras ». C’est l’occasion de revisiter l’histoire en dialoguant avec les pratiques artistiques contemporaines, dans un geste à la fois d’hommage et d’interrogation.

« Artistes peints » propose une série de portraits d’artistes visuels — peintres et  dessinateurs — qui, comme un clin d’oeil au culte de la visibilité, ont accepté de se rendre visibles… au travers de leur oeuvre.

Là où les figures du spectacle revendiquent l’exposition de soi, les artistes plasticiens se tiennent souvent en retrait, laissant parler le médium. Ce projet inverse la posture : ici, le corps de l’artiste devient le support de sa création. La peau « tatouée » de sa peinture ou de son dessin, l’artiste nous apparait dans une mise en abîme paradoxale, exposé mais protégé — voire dissimulé — derrière ce qui le définit le plus justement : son style. Rassemblant près d’une centaine de portraits, cette exposition serait la première entièrement consacrée à ce corpus. Elle s’inscrit dans une lignée expérimentale qui évoque les photogrammes de Man Ray autant que les photos peintes du XIXe siècle*. Réalisée en numérique à l’aide d’un dispositif technique mis au point par le photographe à partir d’un épiscope transformé en flash, la série s’ancre à la fois dans notre présent informatique et dans l’histoire de l’art. Bien que produites sans retouche ni intelligence artificielle, ces oeuvres témoignent d’une photographie qui, loin de vouloir effacer la peinture, s’en nourrit pour créer.

Deux siècles après Niepce, la toile peinte n’a pas disparu. Au contraire, elle coexiste, résiste et résonne avec les technologies de son temps. « Artistes peints » en témoigne : ici, photographie et peinture ne se concurrencent pas, elles se complètent, s’infiltrent, se répondent dans un nouvel acte artistique.

Zeynep Kerhervé — Commissaire de l’exposition

* C’est sur daguerréotypes qu’ont lieu les premières retouches et mises en couleurs

UN PARCOURS RICHE ET DIVERSIFIÉ

Arnaud Baumann, né en 1953 à La Réunion, étudie l’architecture aux Beaux-Arts de Paris avant de s’orienter vers la photographie. Sa rencontre avec l’équipe du magazine Hara Kiri, où il publie pour la première fois, façonne sa personnalité artistique et le conduit à la galerie Agathe Gaillard, où il expose « Sacrilèges », une série teintée de provocation.

Entre 1978 et 1983, il immortalise la liberté et l’insouciance des soirées du club mythique Le Palace. Après  sa collaboration avec Libération, il se spécialise dans le portrait en particulier pour les magazines Lire, Télérama ou Rollingstone, tout en développant des projets artistiques personnels comme « La Chambre blanche » ou « Artistes peints ».

Son oeuvre se décline en plusieurs séries marquantes, maintes fois publiées et exposées, réunies dans ses livres : « Carnet d’Adresses » (1984), « L’Âge du Siècle » (1991), « Projections privées » (2002), « Eau Secours » (2010), « Dans le ventre de Hara Kiri » (2015) et, plus récemment, « Fête au Palace » (2023).

En 2024, son exposition Iconic Portraits à la Galerie du Studio Idan à Paris a rassemblé une centaine de portraits de célébrités comme Alain Bashung, Coluche, Sean Connery, Johnny Depp, Marguerite Duras, Dustin Hoffman, Isabelle Huppert, ou encore Françoise Sagan et Spike Lee.

Des acquisitions en Musées – Quai Branly, MeP, BnF – et de nombreuses expositions en galeries : Agathe Gaillard, FNAC, Pierre Cardin, W Landau, Idan Wizen – et institutions : Rencontres d’Arles, Visa pour l’Image ou Mois de la Photo – témoignent de la reconnaissance de son travail.

Au fil d’un parcours de plus de 40 ans, Arnaud Baumann a forgé un style cohérent, marqué par son sens de la composition hérité de sa formation d’architecte. Il a développé une capacité à retranscrire l’âme de ses modèles et produit une œuvre inclassable, à la fois documentaire, artistique et profondément humaine.

À compter de l’année 2025, ses archives sont conservées à la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie.